Les bonbons ...


J'aimais les mots comme des confiseries raffinées enveloppées dans du papier glacé aux couleurs chatoyantes ou du papier cristal translucide qui bruit sous les doigts quand on les déplie. 
Je les laissais fondre dans ma bouche, y répandre leur saveur. 
Mes préférés étaient les mots qu'il fallait croquer ainsi que des nougatines ou des noix grillées et caramélisées, et ceux qui dégageaient un arrière-goût amer ou acidulé. 


Certains mots me ravissaient, pour la troublante douceur de leur suffixe qui introduisait de l'inachevé et un sourd élan du désir dans leurs sens : flavescence efflorescence, opalescence, rubescente, arborescence, luminescence, déhiscence ... 
Ils désignaient un processus en train de s'accomplir très intimement, secrètement ...
et j'avais forgé un mot sur ce modèle : amourescence

Sylvie Germain " chanson des mal-aimants "
 

Impossible Amour possible ...

Je ne suis pas de ceux que l'amour console. 
Il en va bien ainsi .
Qu'est-ce, en effet, qui me serait plus inutile à la fin qu'une vie consolée  


L’amour d’un être humain pour un autre, c’est peut-être l’épreuve la plus difficile pour chacun de nous.

 Rainer Maria Rilke





Piensa en mi ...

 


Pars, puisque la gloire t'appelle !
Mais lorsque tu t'enivres d'elle
Oh ! du moins souviens toi de moi
Quand la louange autour de toi 
Se répand douce à ton oreille
Ah ! que mon image s'éveille
Dans ton cœur, souviens toi de moi

D'autres femmes te seront chères
D'autres bras pourront t'enlacer
Et tous les biens que tu préfères 
Sur tes pas viendront se presser
Mais si celles que ton cœur aime 
Sont heureuses auprès de toi 
En goûtant le bonheur suprême 
 Oh ! toujours souviens toi de moi
 
 La nuit quand ta vue est charmée
Par ton étoile bien aimée
Alors, oh !  souviens toi de moi
Pense qu'elle brilla sur toi
Un soir où nous étions ensemble
Et quand sur ton front elle tremble
Oh ! toujours souviens toi de moi
 
Lorsque dans l'été tu reposes 
Tes yeux sur les mourantes roses 
Que nous aimions tant autre fois 
Lorsque leur parfum t'environne
Songe à cette heure où sous mes doigts
Je t'en formais une couronne 
Puis les effeuillais avec toi
Et toujours souviens toi de moi
 
Puis quand le vent du nord résonne 
Et que les feuilles de l'automne 
Glissent éparses près de toi 
Alors, oh !  souviens toi de moi  
Lorsque tu contemples dans l'âtre
La flamme ondoyante et bleuâtre 
Oh ! toujours souviens toi de moi
 
Si des chants de mélancolie 
Tout à coup viennent te frapper 
Si tu sens ton âme amollie
Dans une larme s'échapper 
Si ton souvenir te murmure
L'harmonie enivrante et pure
Que j'entendais auprès de toi 
Oh ! pleure, et souviens toi de moi 
 
 
Louise Colet "souviens toi de moi "
 
 
 
 
 

Oh Lord who will comfort me ?




Si l'étoffe des soleils tombe en lambeaux
Si les trames du sang se détissent
Si la peau accuse les coups


Retiens en ton parcours final :


Rivières couleurs alliances
Assez de plaines assez d'élans
Pour combler tes dernières soifs
Pour attiser l'ultime flambée


S'il doit subir le sort

L'homme crée ses propres fables

Elles l'abattent
Ou le sauvent

Selon le regard accordé.

Andrée Chedid " le dernier parcours "



Capter l'infini dans un vers ...

 

Et si un jour je suis poussière, cendre et rien
Que ma nuit devienne une aurore
Que je sache me perdre… pour me trouver… 
Florbela Espanca






J'ai donné ma langue aux chats !

 En l'honneur de mes trois amours Luna, Naya et Belle ...

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux,  qu'un soir 
J'en fus embaumé,  pour l'avoir
Caressé une fois, rien qu'une. 

Luna 
C'est l'esprit familier du lieu 
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Naya
Quand mes yeux vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement 
Et que je regarde en moi-même

Belle 
Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles
Claires fanaux vivantes opales
Qui me contemplent fixement

Charles Baudelaire "Le Chat"



Elle jouait avec sa chatte
Et c'était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S'ébattre Dans l'ombre du soir


Elle cachait la scélérate -
Sous ces mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d'agates
Coupants et clairs comme un rasoir 



L'autre aussi faisait la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée
Mais le diable n'y perdait rien
Et dans Le boudoir où sonore



Tintait son rire aérien
Brillaient quatre points de phosphore


Verlaine "Femme et chatte"
 
 
 
 

Nous danserons encore !

 






Un mot est mort quand il est dit

disent certains -

Moi je dis qu'il commence à vivre
De ce jour là.


Je paie - En espèces de soie -
Ton prix - tu ne l'as pas fixé

Un pétale par paragraphe
Dirai-je à vue de nez

Emily Dickinson  " Choix de Quatrains "





Je taille MA route !

 Dés le matin, par les grand'routes coutumières

Qui traversent champs et vergers
Je suis parti clair et léger
Le corps enveloppé de vent et de lumière


Je vais , je ne sais où. Je vais, je suis heureux
C'est fête et joie en ma poitrine
Que m'importent droits et doctrines
Le caillou sonne et luit sous mon talent poudreux 





















 
 
Je marche avec l'orgueil d'aimer l'air et la terre
D'être immense et d'être fou
Et de mêler le monde et tout
A cet enivrement de vie élémentaire.


Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux 
Je m'enfouis dans l'herbe sombre 
Où les chênes versent leurs ombres 
Et je baise les fleurs sur leur bouche de feu.



Les bras fluides et doux des rivières m' accueillent 
Je me repose et je repars
Avec mon guide : le hasard 
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles


Il me semble jusqu'à ce jour n'avoir vécu 
Que pour mourir et non pour vivre
Oh! quels tombeaux creusent les livres 
Et que des fronts armés y descendent vaincus !



Dites, est-il vrai qu'hier il existât des choses 
Et que des yeux quotidiens 
Aient regardé avant les miens 
Se pavoiser les fruits et s'exalter les roses !


Pour la première fois, je vois les vents vermeils
Briller dans la mer des branchages
Mon âme humaine n'a point d'âge 
Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil 


J'aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse
Et mes cheveux amples et blonds
Et je voudrais par mes poumons
Boire l'espace entier pour en gonfler ma force


Oh ! ces marches à travers bois, plaines, fossés
Où l'être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie 
Et s'enivre de soi ainsi qu'un insensé !


Emile Verhaeren "Un matin" Les forces tumultueuses  
 
 
 
 
 

Comic Strip ....

 












Lolo, nono 
Mama, topée! 
C’est pas possible 
A prononcer!

Glou-glou, tic-tac 
Do-do, pé-pé 
Tout ça 
C’est de l’O 
NOMATOPEE!

Lolo, nono 
Mama, topée! 
Un mot 
A vous rendre toqué!




Cui-cui, chut-chut 
Boum-Boum, yé-yé 
Voilà des O 
NOMATOPEE!

Lolo, nono 
Mama, topée! 
Pourquoi vouloir 
Tout compliquer!

Andrée Chedid " L’onomatopée "
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Reconnaître sa propre existence...

Pour chacun d'entre nous, l'Univers commence par ça : 
ce que tu sens, ce qui te permet de voir, d'écouter, de percevoir à la fois ton monde intérieur et le monde extérieur.




Si l'homme a besoin du langage, ce n'est pas seulement pour communiquer du sens c'est en même temps pour écouter et reconnaître sa propre existence.

Hubert Reeves






Accessible bonheur !

 
Il ne faut pas avoir peur du bonheur. 
C'est seulement un bon moment à passer


Je sais que la vie vaut la peine d'être vécue, que le bonheur est accessible, qu'il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à ce qu'on aime avec un abandon total de soi.

Romain Gary 

oeuvre de Volodymyr Radko